Loading...

CHAPITRE VI

A X I S

« Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance… »

Gn 1.26

AXIS MUNDI

La station verticale est commune à tous les hommes, tous les symboles de l’homme gravitent autour de la verticalité… une même et perpétuelle tension entre l’en bas et l’en haut sous-tend les grands symboles de l’homme, du Temple au serpent redressé sur sa queue, synonyme de la verticalisation de l’humain, résumant l’évolution par laquelle une espèce s’est radicalement différenciée des autres, amorçant un processus de REDRESSEMENT qui aboutirait un jour à la bipédie et à la station debout caractéristique de l’humain.

Deux archétypes fondamentaux du pshychisme humain : l’oiseau, l’aile, la plume et l’animal terrestre ; Tous deux étants combinés autour du shème de la verticalisation pour exprimer le mystérieux combiné qu’est l’homme : corps et esprit… Variante du lion associé à l’aigle…

Ceci correspond à une loi générale qui veut que les créations artistiques dont le caractère universel transcendent les lieux, le temps et les civilisations, manifestent qu’elles relèvent de structures fondamentales appartenant à l’homme en tant qu’homme.

Elles appellent d’elles-mêmes une authentique « reconnaissance », non moins universelle, de la part de ceux qui viennent un jour ou l’autre à la contempler.

Nous disons bien contempler.

La loi ne joue que si les préoccupations existentielles du spectateur se situent au même niveau que celles du Créateur ; ceci implique que le spectateur soit lui-même travaillé – fut ce à son insu- par un souci créateur, un besoin d’expression ; faute de quoi la rencontre s’avère impossible, la méconnaissance, inévitable.

Plus ces préoccupations sont profondes, intimes, plus elles échappent à la claire conscience et à l’explication, plus elles éprouvent le besoin de se traduire en symboles simples, qui loin d’imposer la rigide contrainte de cadres conceptuels, leur ouvrent des retentissements quasi-illimités…

LEROI-GOURHAN